Concilier job et etudes: la difficile equation

REPORTAGE - Les 23 et 24 octobre, le «Forum Jobs d’Hiver» organisé par Pôle Emploi en partenariat avec le Crous, qui accueille l’événement, met en relation étudiants et recruteurs pour des jobs allant de la restauration rapide à l’animation.

Comment financer ses études lorsqu’on est étudiant? La solution la plus fréquemment adoptée par les jeunes reste le petit job à temps partiel. Mais encore faut-il réussir à le combiner avec ses études. Et à le trouver. C’est dans cette optique que Brigitte Bleyer, au service étudiant de Pôle Emploi, organise depuis huit ans le «Forum Jobs d’Hiver». Ces 23 et 24 octobre au CROUS de Paris, il rassemble environ 25 entreprises, avec 1 000 postes à pourvoir. «C’est un premier contact pour les étudiants, qui ne sont pas forcément habitués aux entretiens, explique-t-elle, cela évite aussi d’envoyer des CV et de ne jamais recevoir de réponse!».

L’avantage est aussi la présence sur place de recruteurs. Ce qui permet de passer plusieurs entretiens le même jour. Car trouver un job étudiant est de plus en plus dur, «surtout qui soit bien payé, et qui en plus convienne à nos horaires!», ajoute Amélie Mikaelian, en M1 Traduction Littéraire à Diderot. Même si les frais d’inscription à la fac ne coûtent que cinq euros à cette jeune boursière, il faut «payer la résidence et tout ce qui va avec». Après avoir obtenu son bac avec mention Très Bien, l’étudiante avait à l’époque une bourse au mérite. Mais depuis que le gouvernement lui a «sucré sans prévenir» son aide cette année, elle doit vivre avec 200 euros de moins par mois. En attendant son rétablissement suite à la récente décision du Conseil d’Etat.

Brittany, étudiante en Archéologie et Histoire de l’art à Paris 1, enchaine les petits boulots: «caissière, serveuse au McDo, baby-sitter...». Elle garde aujourd’hui des enfants mais est à la recherche d’un deuxième job pour assurer ses fins de mois. En licence, les horaires lui permettaient de travailler à côté, mais une fois en master, avec un mémoire à rédiger, tout s’est compliqué. «Soit tu loupes un cours, soit tu n’as pas d’argent!», lance-t-elle dans un rire crispé. Pourtant, comme beaucoup d’étudiants, Brittany n’a pas le choix. «Quand on n’a pas d’aide des parents, on trouve des solutions», tranche-t-elle.

Elle prend donc les choses en main grâce à ce Forum au Crous, avec un rendez-vous sur place au stand de la Réunion des Musée nationaux, qui propose des postes de caissière à la librairie du musée d’Orsay. Le principe est simple: l’étudiant sélectionne les offres qui l’intéressent parmi des listes affichées dehors, puis obtient rapidement un rendez-vous avec l’entreprise en question. Les recruteurs ont chacun un petit bureau, séparé des autres par une simple cloison en plastique, et reçoivent les candidats au fil de leur arrivée. Cette année, ces derniers sont peu nombreux. «Incomparable avec la version «Jobs d’Eté» confirme Brigitte Bleyer, en charge de l’événement. En raison de la date notamment, les étudiants étant en cours à cette période. «Il y a un flux plus qualitatif en hiver, les candidats sont déjà préparés. En été, c’est plutôt un flux quantitatif, avec une queue jusqu’au RER pour rentrer!», raconte-t-elle.

Du succès chez les recruteurs

Du côté des entreprises, c’est surtout un moyen de «se faire connaitre» et «d’être présent dans le monde étudiant», s’accordent Betsy Beck, responsable recrutement pour Ceritex, et Amélie, de Prest’anim. Ceritex, qui propose des CDI à temps partiel et des CDD pour Noël, s’inscrit parfaitement dans les besoins étudiants. Un réel «gain de temps» pour cette entreprise, qui «voit directement les personnes». Car pour les missions d’hôtes et d’hôtesses d’accueil qu’elle propose, une présentation et un anglais irréprochables sont de mise.

Chez Prest’anim, qui propose des animations en supermarché pour les rayons poissonnerie et primeur, les retombées sont tout aussi positives. «90 candidats ont été recrutés grâce au salon de l’année dernière», se réjouit Marie-Laurence, en charge du recrutement pour Prest’anim. Entre 50 et 80 étudiants se présentent chaque jour à son bureau pour une présélection. Au bout du compte, une centaine de postes sont pourvus, la diction et l’aisance des candidats permettant de les départager.

Efficacité et proximité attirent donc de plus en plus d’entreprises au Forum. «La demande augmente, ainsi que la diversité des recruteurs», se félicite Brigitte Bleyer, qui a aussi lancé un «Forum Jobs d’Ete» et un «Baby-Sitting Dating» pour le reste de l’année.